Paris gagnant (octobre 2024)

Oui, les jeux olympiques furent un succès total. Non le sport n’a pas tué la musique en 2024, bien au contraire. Sport et musique étaient à l’honneur au cours des 4 cérémonies, la musique était présente sur tous les sites olympiques. Mieux, la musique a vivement participé au succès de l’évènement, elle a bénéficié d’une formidable vitrine. Et non, non, trois fois non, contrairement à ce qu’affirmait la Direction en début d’année 2024 et tout au long de la NAO aux représentants du personnel, les collectes Sacem n’ont pas chuté. C’est l’inverse ! Aujourd’hui, bien évidemment, de cela il n’est plus question, tout le monde se félicite sur X et autres réseau sociaux du succès des jeux. Nous avons entendu plaider avec force conviction, chiffres à l’appui, une baisse des droits généraux en 2024 pour cause de jeux. Nous les avons entendus balayer d’un revers de manche nos arguments pour une plus grande modération, plus d’enthousiasme à l’approche des J.O. Comme toujours nous avions tort, ils avaient raison. A les entendre et en caricaturant à peine, la musique allait s’arrêter ou presque en France de juillet à septembre 2024. Pari perdu.

Tous ceux qui n’ont pas cru aux Jeux se sont trompés, tous ceux qui n’ont pas cru à la capacité d’enthousiasme et d’émotion des Français devant le dépassement se sont trompés. Que tous ceux qui ont apprécié les jeux lèvent la main.

Dans actu de décembre 2023, dans un article intitulé « Ouvrons grand les jeux et fermons les oreilles », article prolongé dans actu de février 2024, nous alertions sur ce pessimisme de circonstance.

Quelques extraits :

– « Selon notre direction, 2024 sera caractérisée par un évènement aux relents catastrophiques dignes des plaies d’Egypte : les J.O. de Paris. A l’entendre, la calamité ruinerait quasiment l’entreprise Sacem en empêchant littéralement tous les évènements musicaux avec les risques attentats et autres. Et pourtant… » 

– «A contrario, on ne peut quand même pas exclure que les Jeux se passent bien. De multiples évènements avec musique auront lieu dans toute la France. Les J.O. eux-mêmes génèreront des droits… »

– « Si les choses se passent juste normalement, l’impact sera peut-être négatif mais probablement de manière limitée et il n’est pas totalement impossible qu’il soit même positif. Par

ailleurs, les dynamiques de collectes de 2022 et 2023 peuvent se poursuivre en 2024 sur d’autres secteurs (les salariés Sacem ont fait leur preuve en la matière non ?)… 

– « Bien sûr, tout peut mal se passer et c’est à l’évidence l’hypothèse retenue par la direction. On peut tout de même s’interroger sur cette logique managériale consistant à tout voir en noir, à cultiver la défiance et le mauvais esprit, à créer de l’anxiété chez les collaborateurs et en plus à faire la mauvaise tête au regard d’un évènement qui peut aussi se révéler fraternel, joyeux (donc musical) et faisant rayonner la France et sa capacité créative (donc les créateurs musicaux). La démotivation des équipes pourrait bien faire plus mal que les J.O. » 

La Direction a passé beaucoup de temps à évaluer les pertes supposées, se pourrait il que dans le même temps elle ait perdu de vue la collecte ? Aveuglée à plusieurs niveaux. Début octobre, malgré des demandes répétées, les représentants du personnel  ignorent les chiffres collectes à fin août. Autant de retard c’est une 1ere. S’ils étaient négatifs nous aurions l’information depuis longtemps. Ils sont probablement tellement inattendus qu’il est préférable d’attendre. Attendre en espérant que nous oublions que la Direction avait fait le pari de l’Euro plutôt que celui des J.O.

En plus des sports olympiques, la France, Paris, il faut ajouter la musique, les artistes, la création comme heureux bénéficiaires de ce Paris gagnant. Le sport est aussi une fête qui s’accompagne et se raconte en musique. Les J.O. ce fut, pour Paris, quasi deux mois non stop de fête de la musique !

« Paris a été une fête pendant deux mois, la fin des Jeux sera une fête menée par nos artistes qui font danser le monde », Thomas Jolly, concepteur des quatre cérémonies olympiques. Un immense merci.