Ne tirez pas sur le pianiste (Mars 2025)

il fait de son mieux et bien plus

Dans le projet Sacem 2020 (élaboré vers 2015), il nous était promis « l’engagement d’une gestion collective équitable et efficace au service de la filière musicale et de la défense des droits d’auteur ». Dans son projet Sacem 2030, Cécile Rap Veber nous promet une stratégie d’efficience pour les membres de la Sacem. Vous vous perdez un peu entre les concepts ? Nous sommes là pour vous aider.

L’efficacité est axée sur la réalisation d’objectifs et des moyens alloués pour les atteindre, alors que l’effi-cience, c’est la recherche du meilleur résultat possible avec le moins de ressources possibles. L’objectif précé-dent était de « Faire de la Sacem le leader européen des sociétés d’auteurs de l’ère numérique en préser-vant et en renforçant son modèle, celui d’une société d’auteurs à but non lucratif, au service de tous ses membres, forte de sa diversité et fière de ses missions d’intérêt général ». Désormais l’ambition c’est d’essayer de faire comme avant mais surtout encore moins cher. « La Sacem se doit de mener une gestion optimisée de ses coûts de fonctionnement afin de maximiser la distribution des droits en faveur des ayants droit pour qui elle collecte et répartit… »

L’efficacité, c’est faire ce qui doit être fait en fonction d’objectifs. L’efficience c’est faire « plus » avec « moins ». Dans le 1er cas l’indicateur principal c’est le résultat, dans le second la productivité. Les deux ne s’opposent pas, dans l’idéal ils se cumulent. C’est pourtant simple ! On commence par être efficace puis on y ajoute ensuite de l’efficience.

Gros hic, c’est que depuis plusieurs années nous sommes efficaces et efficients et pas petitement ! En fait, nos dirigeants ne le reconnaissent tout simplement pas puisqu’ils pensent qu’il faut attendre 5 ans désormais.

Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sacem 3.0 comportait des objectifs chiffrés, celui de collecte était de 1,22 Milliard d’€ à fin 2025. Nous étions à 1,6Miilliard d’€ fin 2024 et les couts sont plus que maitrisés, vous en savez quelque chose. Vous pouvez relire tous les ACTUS CFDT des trois dernières années où notre démonstration est tout à fait claire pour le démontrer.

L’efficience indiscutable des salariés de la Sacem depuis une bonne quinzaine d’années (au bas mot…) s’est faite au détriment de la reconnaissance. En pouvoir d’achat, nous l’avons beaucoup dit, mais pas que. La preuve, nos dirigeants sont incapables de reconnaitre une évidence : la conscience de l’efficience est bien ancrée depuis longtemps chez les salariés, les résultats de productivité étant éclatants.

Si nous pouvons comprendre le cœur de cette stratégie, l’efficience ne pourra se poursuivre, qu’en garantissant l’engagement sans faille de l’immense majorité des salariés de la Sacem et leur motivation.

Et de ce dernier point de vue, les choses ne sont pas gagnées. Il suffit d’observer ici et là les objectifs inatteignables au regard des moyens, d’observer la chute d’exhaustivité dans certains secteurs des droits généraux pour comprendre ce qui se profile. Et évidemment, comment ne pas être frappé, et même un peu meurtri par ce message décalé sur une supposée efficience qui serait un concept nouveau, alors qu’il est dans la tête de tous depuis un bon moment ?

La stratégie devrait être de préserver l’équilibre entre efficacité et efficience. La stratégie devrait être, par exemple, de chercher l’efficience au travers de partenariats avec d’autres O.G.C ou partenaires, afin de maximiser les investissements. Le choix est pourtant autre, c’est « mener une gestion optimisée de ses coûts de fonctionnement … ».

Pour le reste, certains axes de ce projet d’entreprise peuvent nous convenir et en premier lieu ce qui concerne la RSE. Notre section CFDT parle de RSE depuis 2017 ! D’abord dans le vide et un peu moins en 2019 avant extinction des lumières en 2020. En 2019 nous écrivions que le défi est d’éviter “green and social washing”, nous persistons. Que la démarche fasse l’objet d’une stratégie de communication externe en fin de parcours nous l’acceptons, sous réserve qu’en amont, l’engagement et la sincérité soient bien au rendez-vous. L’engagement et la sincérité se mesurent dans les actes.

Les actes peuvent arriver bien avant 2030 avec un peu de volonté. Des exemples ? Détacher l’équipe en charge de la RSE du service communication pour la rattacher à la Direction générale. Etablir un vrai plan d’action qui devait suivre le bilan Carbone 2021. Enclencher des actions substantielles favorisant les mobilités durables plutôt que la famélique enveloppe actuellement proposée et empêchant de donner du sens à l’action et d’atteindre des objectifs sérieux d’évolution. Sans actions concrètes, sans budget sérieux, cette RSE sera de circonstance, une fine pellicule enrobant la pilule d’une stratégie douce-amère.

Car, pour notre part, notre conviction est faite : s’il est des progrès en matière d’efficience à faire à la SACEM, c’est bien celle concernant la responsabilité sociale et environnementale !